Terrain naturel. Pluie battante. Boue jusqu’aux chevilles. Dans les buts, une gardienne qui n’était pas censée jouer.
Ce jour-là, Frédéricke Meloche avait pourtant promis à ses parents qu’elle allait seulement “faire le poteau”. Ses genoux ne lui permettaient plus de prendre de risques. Mais l’appel du jeu, l’instinct de gardienne et l’amour du soccer ont été plus forts. Avec un équipement emprunté, des crampons trop grands bourrés de mouchoirs, elle a enfilé les gants une dernière fois. Et évidemment, elle a plongé.
Ce match-là restera le dernier de sa carrière de joueuse. Mais il raconte déjà beaucoup de ce qu’est Frédéricke : du courage, de la passion, de la résilience et une profonde incapacité à faire les choses à moitié.
Arrivée au club en 2014, à l’âge de 7 ans, Frédéricke a suivi les pas de ses frères avant de se construire son propre chemin entre les poteaux. Inspirée par Evan Bush et Stéphanie Labbé, elle a grandi avec le goût de l’effort, le sens du sacrifice et cette responsabilité particulière qui accompagne les gardiennes et gardiens de but.
Puis la blessure est venue bouleverser son parcours. Une déchirure des ligaments croisés aux deux genoux. Une opération. L’arrêt de la compétition. Pour beaucoup, cela aurait marqué une fin brutale. Pour Frédéricke, ce fut plutôt un tournant.
La transition vers l’entraînement s’est faite naturellement. Comme si ce qu’elle ne pouvait plus vivre pleinement sur le terrain comme joueuse, elle allait désormais le transmettre autrement. Aujourd’hui étudiante en sciences de la nature, avec l’objectif de se diriger vers la physiothérapie, elle nourrit son approche d’une compréhension fine du corps humain. Sur le terrain, cela se traduit par une attention constante à l’évolution de l’enfant, à ses mouvements, à sa progression et à sa confiance.
Coach U4-U8 et assistante coach des U9FR2, Frédéricke entraîne depuis maintenant cinq ans. Sa philosophie de jeu est claire, inspirée notamment du FC Barcelone : un jeu court, rapide, intense, avec une réaction agressive à la perte du ballon. Mais derrière l’idée de performance, il y a surtout une volonté de former correctement, dès le plus jeune âge.
Elle porte une attention toute particulière au “geste juste”. Contrôle, passe, position du corps, intention, rythme : chaque détail compte. Pour elle, la technique n’est pas un supplément, mais une base essentielle. Une base qu’il faut construire tôt, patiemment, avec exigence et pédagogie.
Son approche est à son image : sérieuse, engagée, mais profondément tournée vers les jeunes. « Ça ne me dérange pas de t’expliquer de dix façons différentes. Mais je veux du sérieux et de l’effort. » Une phrase qui résume bien son équilibre : accompagner sans relâche, mais toujours tirer les joueuses et les joueurs vers le haut.
Cette saison, son objectif est clair : aider son groupe U9 à progresser et à viser le niveau R1. Un objectif sportif, bien sûr, mais aussi un projet de développement. Car ce que Frédéricke transmet dépasse largement le cadre du soccer. Elle parle de valeurs, de passion, d’éthique de travail, de courage et de respect du jeu.
Une devise l’accompagne encore aujourd’hui, héritée de son coach Éric Mauras : « Aie du courage. Le courage, c’est d’avoir peur, mais d’y aller quand même. »
Cette phrase aurait pu être écrite pour elle. Pour cette jeune joueuse qui a plongé malgré la peur. Pour cette gardienne qui a dû renoncer trop tôt à la compétition. Pour cette coach qui a transformé une blessure en engagement. Pour cette éducatrice qui, semaine après semaine, transmet aux jeunes du club bien plus que des consignes de soccer.
Merci Coach Fréd, pour ton courage, ta persévérance, ta résilience et tout l’engagement que tu portes envers tes jeunes joueuses et joueurs.
Tu es un symbole du CS Montréal Centre et de ses valeurs.